Le Phonsavan Hotel, c'est un peu comme l'Hotel California de la chanson mythique du groupe The Eagles:
Toute l'annee, on peux y trouver des chambres de libre, mais pour en ressortir, c'est une autre histoire...
Ces 2 hotels ont un point en commun: ils sont situes au milieu de nulle part.
Pakse, c'est une ville qui a a peine feter son centenaire, qui reste une ville endormie, et qui n'offre rien de particulier.
J'y arrive ereinte par un mois d'intense bougeotte.
Apres avoir jouer au yoyo entre bangkok-chiang mai-phuket, et le laos du nord au sud, j'ai l'impression d'avoir pris 10 ans.
Malgre plusieurs massages apaisants, les muscles de mon dos sont tetanises par les 20 kg de mon sac de trekking, mes jambes flageollent et se crampent de plus en plus souvent, mon genou gauche donne des signes de fatigue, j'ai les yeux rougis par la poussiere du laos, et, pour couronner le tout, j'ai pris un mechant coup de soleil sur le crane qui me fait peler comme une vieille momie et j'ai choper une vilaine bacterie qui boursouffle mon appendice nasal...
Alors forcement, j'ai plus la force de pousser la porte de sortie de ce foutu hotel!
C'est l'endroit le plus miteux de la ville, mais, bizarrement, on s'y attache.
D'abord, parcequ'il est tenu par un couple lao-indien, qui fait la meilleure cuisine indienne du coin.
Mais aussi le plus mauvais nettoyage d'hotel egalement. d'ailleurs je pense qu'ils ne le font pas.
Apres 3 jours, j'ai fini par changer de chambre, car 2 murs sont perces de fenetre sans carreau, qui laisse passer les rafales de vent de la nuit.
Et ici, les nuits sont fraiches...
J'atteris donc dans une petite chambre carre pouvant contenir 2 lits une place, dont l'un est en miettes.
Au plafond, pendent de nombreuses toiles qui laissent a la vue de tous, quelques cadavres de mouches engluees, festin d'une araignee qui ne finit pas son assiette...
Au sol, la poussiere, me permet de mediter sur mes allers et venus sans queue ni tete: la pointe de mes chaussures indiquent toute les directions, embrassent mes talons, virvoltent en creant un tourbillon, puis apparaissent par magie dans un coin de la piece, par une sublime teleportation inexpliquee...
Mon matelas et les 4 murs qui m'entourent ont en commun leur faible epaisseur, et je suis tombe en pleine saison des amours pour les cafards.
Ils chantent toute la nuit, et semblent apprecies le rythme de ma main frappant contre le mur, originellement destines a les faire taire...
Besoin de noircir le tableau?
2 de mes pantalons sur 4 sont dechires a l'echancrure, et toutes mes chaussettes sont trouees a l'orteil droit (j'ai pousse le vice de la rentabilite a un tel point qu'elles le sont egalement au petit doigt de pied gauche...)!
Comment vais-je finir ce voyage...